Le rachat de Zagat par Google est passé dans l’actualité sans créer plus d’émotion parmi les analystes que la fin de Slide, une des entreprises de social gaming qui avait intégré le giron de Google. Une information qui a été vite classée alors que c’est certainement une des annonces les plus importantes pour les stratégies mobiles. Car plus que la recherche géo-localisée, c’est le modèle de valorisation des contenus qui est ici en jeu. Et pas uniquement pour les moteurs de recherche.
Google, le retour aux affaires
Le rachat de Zagat n’a pas fait de vagues dans le monde web car c’est une acquisition de plus pour le pilier central du web qu’est Google. Mais ce rachat est bien plus que l’acquisition d’une base d’information sur les commerces les plus recherchés dans le monde, les restaurants. C’est l’achat d’une base de connaissances sur l’impact de la recommandation sur le trafic. Et donc un indicateur majeur pour la recherche.
Une donnée cruciale dans la compréhension des mécaniques de génération de business via Internet, à mille lieues du modèle de génération de trafic que propose Groupon, qui propose la création de trafic en boutique par le prix. Google semble donc privilégier l’idée un levier business web lié à la recommandation plutôt que l’agressivité prix. Une option qui semble se vérifier quand on regarde l’actualité chaude de Groupon, entreprise que le moteur de recherche aurait voulu racheter si l’on écoute les rumeurs relayées par les médias web.
Zagat semble donc signer le retour aux affaires de Google, après avoir passé 10 ans à affiner son algorithme de recherche de contenu, avec pour objectif de devenir le moteur de recherche des 10 prochaines années. Mais cette fois-ci, pas pour le web, mais pour toutes les plateformes connectées au web. Le mobile en premier.
La recommandation, valeur ajoutée pour le mobile
Tous les possesseurs de smartphones se sont retrouvés un jour confrontés au besoin d’avoir une recommandation sur le restaurant où aller en fonction du lieu où ils se trouvent. Le rachat de Zagat devrait permettre à Google de pouvoir proposer une solution directe depuis le moteur de recherche du smartphone. Et éviter aux possesseurs de smartphone de se replier sur leurs réseaux sociaux pour obtenir cette recommandation. Tout comme cela permettra à Google de demander aux personnes ayant fait cette recherche ce qu’ils ont pensé du restaurant.
Une action qui pourrait bien couper l’herbe sous le pied des réseaux sociaux et autres outils de recommandation contextuelle. Et potentiellement faire la nique à Facebook, son premier concurrent en matière de publicité contextuelle. Car c’est un système double de rétention qui sera proposé par Google : d’abord en permettant à un utilisateur d’obtenir les informations relatives au restaurant recherché, tout en proposant des alternatives en fonction des recommandations collectées, et ensuite en proposant des recommandations localisées via Google Maps.
De quoi créer le fameux « effet tunnel » du web, ne donnant pas l’occasion aux internautes ou mobinautes de sortir du réseau d’outils Google. Un effet tunnel qui permettra à Google de proposer des publicités encore mieux ciblées, intégrant à la fois localisation et recommandation. L’arme fatale pour inciter les entreprises à passer par Google pour leurs publicités, que cela soit lorsque l’internaute est devant son ordinateur ou devant son smartphone. De quoi donner encore 10 ans d’avance à Google face à ses potentiels concurrents. La reprise des rennes du géant des moteurs de recherche par Larry Page semble signer son renouveau.
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